J10 - Les routes du Nord-Est : 16 juillet 2012
Initialement, nous avions imaginé aller faire un peu de snorkeling tôt ce matin avant de partir pour notre journée de promenade. Finalement ce n'est pas très jouable niveau timing et nous déjeunons tranquillement en attendant notre chauffeur.
Quelques minutes avant, Thomas part échanger notre reçu contre les vrais billets de fastboat Gili-Padangbai et le vendeur lui redit de garder le prix secret…
Nous nous rendons vite compte que c’est la fin des vacances… pour les petits indonésiens ! Leurs 3 semaines d’été prennent fin ce matin avec la reprise de l’école, en uniforme de rigueur, qui varie d’une école à l’autre. Généralement, c’est 9h – 13h.
Notre première étape sera le village traditionnel de Tenganan, à une vingtaine de kilomètres de Pandangbai. La route qui y mène est magnifique : elle serpente au départ le long de la côte, essentiellement bordée de bananiers et toujours très animée, puis monte un peu à flanc de montagne en obliquant juste avant Candi Dasa, avec une végétation plus dense et plus variée, où l'on croise dorénavant plus d'habitat traditionnel que de commerces en tous genres. Et bien sûr les premières rizières.
Le village est au bout de la route en cul de sac et il est entouré d’un petit mur d’enceinte en pierre. Il présente plusieurs particularités : il rassemble tout d’abord une population de « bali agas », balinais d’origine et gardiens de la montagne. Il est construit tout en longueur et en espalier, avec au centre différents bâtiments communs, par exemple, le Bale Petemu où se rassemblent les conseils de jeunes célibataires.
Sur les bords les habitations, qui sont toutes construites à l’identique dans leur agencement, l'aspect extérieur changeant parfois, comme avec cette étonnante façade en petits galets.
Le village bénéficie de 1000 ha de terres extrêmement fertiles qu’il fait cultiver en métayage et vit en communauté, partageant le fruit de ces récoltes. L’organisation du village et le statut de chacun de ses membres est structurée par rapport aux 3 rues, à celle dans laquelle ils sont nés ou dans laquelle ils habitent. Si les jeunes se marient hors du village, soit ils perdent leur statut, soit elles sont bannies définitivement de la communauté, parce que leurs terres partent avec la dot… Ce village de Tenganan a su profiter du tourisme et on y trouve dans la rue principale quantité d’artisans : dessin sur feuilles de cocotier séchées, peinture sur œuf (vrai ou en bois), tissage de sarangs et songkets, masques, instruments de musique… Il y en a pour tous les goûts.
Le combat de coq a l’air d’y être développé puisqu’on y trouve même des coqs customisés aux couleurs étonnantes !
Nous reprenons la route, encore un peu plus vers le Nord-Est, pour gagner le village de Tirta Ganga, dont le nom signifie « Eau sacrée du Gange ». Il abrite le plus beau palais d’eau ayant subsisté à Bali, construit en 1947 par Anak Agung Anglurah Ketuk, le dernier Raja de Karangasem. Ces palais leur servaient de lieu de repos, dans la fraicheur et sont une ode à l’eau et aux différentes divinités.
Différents bassins abritent quantité de statues, de monstres crachant de l’eau et autres colonnes ou fontaines. En tout cas, il y a des pas japonais dans un des bassins et plein de grosses carpes, et ça ça plait aux gars ! "Poissons ! poissons !", s'écrit Eliott en pointant du doigt.
Un bassin permet également, moyenneant une petite contribution, la baignade dont nous ne pouvons priver Oscar et Théo, nos 2 petits poissons.
Enfin, on comprend bien que les rajahs aimaient se détendre dans ce genre d'endroit...
Après un petit lunch vite avalé dans le warung de l’autre côté de la route, nous reprenons la direction de l’ouest et serpentons à travers les rizières sur les flancs du volcan Gunung Agung.
Soudain, à Duda, le chauffeur nous arrête car il y a un enterrement traditionnel ! Des dizaines de gens, en tenues très colorées sont rassemblées dans un champ au milieu duquel se trouve une sorte de podium en bambou avec une sorte de prêtre qui profère des incantations tout en exécutant différents rituels au son de la musique jouée alternativement par 2 orchestres. Pendant ce temps, les invités, par petits groupes d'une dizaine, sont rassemblés autour de petits feu à même le sol.
Nous sommes en quête de la plantation de café 100% bio de Menanga. Elle domine une vallée encaissée incroyable, entourée de falaises à-pic couvertes de jungle, sur des kilomètre à la ronde, et tapissée au fond de champs de cultures diverses, quasiment plats ! La vue est irréelle !
Nous découvrons différentes plantes élevées dans la plantation hormis le café, comme piments, papayes, vanille, cacao, ananas et surtout le « salak », un fruit dans une gangue de la taille et la consistance de celle d’un marron, qui a un gout d'ananas mêlé de pomme (délicieux !).
Nous voyons la méthode traditionnelle de torréfaction et apprenons comment est fait le meilleur café du monde, le Luwak Coffee, du nom de cet animal (une sorte de grosse fouine) qui ingère uniquement les meilleurs grains de café, les plus aboutis, n’en digère que la gelée sous la première peau et rejette dans ses excréments le reste du grain, celui qui nous intéresse, ça tombe bien ! Il suffit donc de ramasser des crottes de Luwak pour être riche, car il se vend environ 450 € le kilo. D’ailleurs tous les cafés et thés sont ici extrêmement chers ! 2 fois le prix de ce qu’on trouve en France ! Certes, la dégustation offerte nous a prouvé que c’était très bon.
Puis cap au sud vers Klungung ! Nous redescendons donc progressivement, toujours sur des routes aussi envoutantes, à travers une végétation d’un vert intense qui laisse peu à peu place aux rizières, comme celle-ci à Sidemen.
A Klungung, notre souhait est de visiter le Taman Gili, un palais d’été entouré d’eau, lieu de réception et de détente. Malheureusement il est fermé à l’heure à laquelle nous arrivons… Thomas trouve un portail ouvert après avoir vu des enfants et un type à l’intérieur en train de pêcher dans les douves du palais ! Vous aurez donc droit quand même à un aperçu :
Déjà le soleil se couche et il faut se hâter pour notre dernier souhait de visite : les salines de Kusamba. Nous croyons que notre chauffeur, qui ne parle pas bien anglais et dont on a du mal à se faire comprendre, passe à côté de la commande. En fait, plutôt que de faire un détour, il nous amène un peu plus loin sur une plage de sable noir où une famille ou deux exploitent ici aussi le sel marin qui est tiré de l’évaporation de l’eau de mer dans des demi-troncs de cocottiers : ça nous change de Guérande !
La nuit est là et nous rentrons sur Padangbai pour un dernier dîner, boucler à nouveau les sacs, et nous laisser bercer par nos rêves avant de se laisser bercer le lendemain matin par le roulis et le tangage de notre ferry vers une terre inconnue : Lombok !