J11 - Slow ferry to Lombok
Encore un réveil de bonne heure ce matin car nous prenons le ferry pour rejoindre l’île voisine de Lombok, qui fait partie des petites îles de la Sonde (Nusa Tenggara).
L’expédition commence pour atteindre le port, heureusement ce n’est qu’à quelques centaines de mètres de l’hotel, en descente tout du long, et les petits sont bien courageux avec leurs sacs à dos, alors qu’il fait déjà un soleil de plomb. Thomas va chercher notre vendeur qui nous a donné rendez-vous à 8h pour aller s’occuper de prendre au guichet les billets que nous lui avons acheté. Là le prix est le même partout, 36 000 roupies - soit environ 3€ pour une traversée de 4h ! – donc nous supposons que les revendeurs les touchent avec une petite marge.
Nous sommes agréablement surpris par l’état du navire, car au vu des descriptions dans les guides, c’était le boat people assuré… Celui-ci semble très bien entretenu et quelques autres touristes se mêlent aux locaux, bus et camionettes de marchandises qui font la traversée.
Au delà de la véritable haie d'honneur de petits marchands entre le hall de la gare et le quai, quantité de vendeurs suivent les passagers jusque sur le bateau pour proposer des boissons et friandises, ainsi que des plats de riz-poulet emballés dans du papier cartonné. Nous les prenons au début pour des voyageurs mais ils descendent juste avant qu’on ne largue les amarres, à 9h30 pétantes… Nous sommes arrivés un peu en avance mais finalement, cela nous permet de nous installer tranquillement sur le pont arrière avec tout notre chargement.
Bizarrement, nous n'avons pas droit à notre petit coup de sirène en quittant le port de Padangbai alors que ça fait 3 jours qu'on en entend un toutes les heures, jour et nuit...
La mer est calme et le trajet plutôt agréable : Karine profite du soleil et du grand air sur le pont arrière pendant que les gars s’occupent avec l’électronique, allongés sur les espaces moquettés et climatisés à l’intérieur où quasiment tout le monde est allongé et dort.
L’iPad attire les convoitises et un jeune belge flammand d’une dizaine d’années vient s’incruster avec les gars qui finiront par le laisser jouer une partie de Ben 10 ou de Star Wars.
Thomas avait l’espoir qu’Eliott se lance dans un petit somme, mais pas du tout ! Le jeune homme est tout excité, il se roule par-terre, voire sur les voisins, et se pendouille aux barres de maintien. Il finit tout de même par sortir quelques petites voitures du sac de jouets et s’occuper plus calmement.
Le temps passe finalement assez vite et la côte de Lombok est déjà en vue lorsqu'approche l'heure de se restaurer un peu. Une guitoune "officielle" vend quelques chips, cacahouètes et biscuits, aussi nous prenons une petite collation sur le pont arrière dans l'air marin tout en donnant à Eliott son Blédichef et sa compote.
L’arrivée sur le port de Lembar longe quelques ilots sableux couverts de mangrove où travaillent quelques pêcheurs.
Le bateau met un peu de temps à manoeuvrer pour accoster sur le quai. Mais nous finissons pas toucher la terre ferme, en sortant, comme les bus et les camions, par la bouche béante du ferry. A peine sortis, nous apercevons déjà notre chauffeur, pancarte « Ms CONSTANTIN » à la main et polo officiel de l’hôtel sur le dos. Il est déjà plus de 13h30, aussi nous lui demandons de déjeuner avant de prendre la route vers Kuta Lombok, notre étape du soir, au sud de l’île. Il se gare sur la place du village. Je dis bien village, car si Lembar est bien un port avec d’énormes bateaux de marchandises et un ferry au moins chaque heure vers ou en provenance de Bali, à part ça il n’y a rien ! Il y a 3 warungs qui se battent en duel et nous en choisissons un dans lequel la DGCCRF n'a pas du passer depuis quelques années... Mais les jeunes filles ont l'air sympa, il y a un occidental attablé avec 2 locaux... Nous tentons une petite commande de 3 assiettes pour 4, sentant que les enfants ne vont pas se précipiter sur ce type de plat. L’avantage c’est que les différents ingrédients sont présentés dans une petite vitrine (réfrigérée ???), donc nous choisissons , avec l’incontournable riz blanc, un peu de poulet grillé, des crackers de germes de soja, du tofu en sauce (très épicé, réservé à Thomas) et une nouveauté, typique d’ici visiblement, des petits gâteaux de maïs (grains entiers) qui sont délicieux car un peu sucrés. Voilà de quoi nous sustenter pour 42000 roupies, soit moins de 4 € pour 4…
Nous essayons tant bien que mal d’expliquer à notre chauffeur que nous avons notre après-midi pour rejoindre l’hôtel et que nous souhaiterions faire quelques arrêts photos / visites sur le chemin, notamment dans un village de pêcheurs au sud-ouest de Lembar, puis longer la côte sud en direction de Kuta pour voir les plages réputées paradisiaques, pour les surfeurs comme pour les touristes. Appel au patron, discussions... il semble nous faire comprendre qu'il faut 3 h pour rejoindre Kuta par la route qu’il avait prévue et 10h par celle que nous souhaiterions prendre. Bon, OK ! On prend ta route ! Tant pis, on essaiera d’aller voir ces plages demain… Du coup, nous voilà partis sur une route qui devient assez rapidement une 4 voies car elle se dirige vers l’aéroport de l’île de Lombok. Toutefois, notre homme dépasse rarement le 40 km/h, donc nous comprenons pourquoi il parle de 3h de route quand notre guide nous indiquait une grosse heure ! Allez ! Son anglais est trop mauvais pour essayer de se battre et au moins on a le temps de prendre des photos, surtout que sur la 4 voies on peut s'arrêter pour cela sur la voie de gauche, il n'y a pas de problème ! Quelques vaches traversent, on y double des carioles à cheval, voire des baches sur lesquelles sont mises à sécher une variété locale de riz gluant ! C’est sûr que le bitume qui a pris le soleil c’est bien chaud et ça sèche plus vite !
En tout cas cette route traverse une plaine agricole où nous pouvons observer toute l’agriculture traditionnelle de Lombok : riz bien sûr, mais aussi maïs, piments, chaume, ou encore tabac.
C’est comme une sorte de petit bocage : les parcelles sont séparées par des haies de petits arbres au tronc assez long avant les premières branches ! Il y a du monde à travailler dans les champs et ils pratiquent notamment la culture sur brulis.
Devant l’aéroport, il prend un rond-point pour reprendre la 4 voies dans l’autre sens s’arrêter faire le plein, puis reprend l'autoroute à contre-sens pour poursuivre sa route et reprendre un peu plus loin notre voie... Pas de mort ! L’autoroute s’arrête là, maintenant que nous avons atteint l’aéroport, et nous retrouvons une petite route traditionnelle, où l’on double en klaxonnant à qui mieux mieux,qui serpente dans une végétation un peu plus sèche, entre des champs, des villages, des petits bouts de forêt. Et justement, en traversant le village de Sengkol, notre chauffeur nous indique sur la droite, un groupe bigaré qui se trémousse au son d’une énorme sono : un mariage ! Ou plutôt la préparation de la veille si nous comprenons bien ce qu’il essaie de nous expliquer… Il y a en fait un groupe, qui outre la bande son que crache la sono, joue d’nstruments à percussion (grosse caisset et caisse claire) et chante dans un micro, tandis que de jeunes adolescentes et et pré-adolescentes se trémoussent allègrement dans des poses suggestives au milieu des musiciens.
Nous les laissons poursuivre et nous arrêtons quelques kilomètres plus loin, à Sade. Il s’agit d’un village traditionnel « Sasak » de cent-cinquante maisons en bambou et chaume. En fait, à peine arrêtés sur le parking, un type nous saute dessus et nous propose de nous faire visiter… Une petite donation à faire à l’entrée, et hop, nous voilà à serpenter entre les maisons et les greniers sur pilotis (pour éviter les souris).
Les maisons ont une embase faite en bouse de vache sur à peine un mètre de haut (pour éloigner les moustiques) et le reste en bambou et chaume. Chaque maison, identique, possède 2 pièces : une première en entrant, destinée aux hommes, puis une, fermée par une porte coulissante, pour les femmes, où elles cuisinent notamment.
Chaque habitation peut accueillir plusieurs familles (jusqu’à cinq comme celle que nous visitons !). Tout est orienté vers le touriste, avec vente d’artisanat, dont les fameux sarongs et songkets, dont certains sont tissés sur place, avec démonstrations intéressantes (nombre de fils, longueur des métiers à tisser…). Finalement, nous achetons quelques T-Shirts avant de reprendre notre route !
Kuta n’est plus très loin et quelques minutes après Sade nous atteignons ce qui n’est qu’un petit village de 2 rues, dédié aux hôtels et homestays et aux vendeurs de souvenirs le long de la plage. Depuis Sade, nous avions vu le ciel se gâter, et arrivés à notre bungalow du Segarne Anak, au fond d’un très beau jardin, il craque et arrose copieusement les alentours. Un accalmie nous permet d’aller voir la plage de la grande baie, avec d’énormes vagues tout au fond, derrière la barrière de corail, puis d’aller dîner en partant à l’aventure à la lampe de poche pour chercher un resto grec recommandé par le routard pour finir par échoir dans un warung qui fait du mexicain… Allez, ça nous changera du riz ! Du coup, pas de photo d'extérieur pour ce soir, mais juste un aperçu de notre chambre d'au moins 50 m² avec la salle de bain ! A demain !