Jour 8, 13 juillet : symboles du Sri Lanka
Le vent qui soufflait hier (un bon 20 noeuds) a forci et continué toute la nuit pour atteindre au moins 25 nœuds ce matin. Cela nous vaut un réveil un peu plus matinal, ce qui n'est pas plus mal car une longue journée de balade nous attend à nouveau, à vrai dire la dernière consacrées aux visites de vieilles pierres. Le petit déjeuner est assez vite avalé et Oscar le Lascar nous dégote un beau varan sur le toit de l'hôtel (d'environ 75 cm).
Aujourd'hui nous prenons l'option facilité en réservant un taxi pour la journée avec le boss de l'hôtel : 5000 roupies, ce qui nous paraît plus raisonnable car hier nous avons quand même passé beaucoup de temps dans les transports. En outre, nous voyons débarquer un superbe 4x4 Mitsubishi Monterosport intérieur cuir, donc ce n'est pas de la rigolade.
J
Nous prévoyons de faire un "safari" sur un éléphant et de clore notre découverte du triangle culturel par Polonnaruwa, un des plus fameux sites antiques du Sri Lanka, éloigné d'une quarantaines de kilomètres de notre hôtel.
Nous filons d'abord vers le tour en éléphant et le gars nous propose la balade dans la jungle à 90$ pour la famille alors que nous avons lu sur des guides et blogs qu'il était possible de le faire pour 50$ !! Thomas se lève et dit qu'on abandonne en marchant vers la voiture et notre négociatrice intraitable entre en action : rendez-vous est pris 17h au retour de Polonnaruwa pour 50$ car actuellement les éléphants sont à la baignade. Well done ! C'est vrai qu'il y a zéro touriste donc nous sommes plutôt en position de force. Voici la "gare" qui nous attend pour ce soir.
La route vers Polonnaruwa serpente tranquillement dans la jungle et la savane et longe parfois des lacs où semble-t-il on peut voir des éléphants sauvages venir s'abreuver à l'aube. Nous sommes en fait dans le parc national de Minneriya et son lac attire les animaux.
Le trajet n'est pas trop long dans ce véhicule, même si notre chauffeur conduit prudemment et demande même à Thomas de mettre sa ceinture à l'avant.
Polonnaruwa est une ancienne capitale du Sri Lanka, probablement un must tant ce site de 4 à 5 km du nord au sud rassemble de vestige de la civilisation du XIe s. fondée par le roi Vijaya Bahu 1er qui avait reconquis cette partie du pays aux indiens Cholas pour y édifier sa cité et mieux contrôler le pays. Son successeur Parakrama Bahu 1er qui règna 33 ans en fut le développeur principal, améliorée ensuite par son successeur Nissanka Malla. Ces différents souverains avaient fait venir des artistes d'inde ce qui se voit dans les influences de certains temples, sculptures ou statuettes retrouvées.
Nous commençons par le musée archéologique qui présente en 5 salles les différentes époques et de beaux vestiges (bouddhas, ustensiles, jarres, bijoux) mais aussi maquettes des différents édifices. Pas le droit aux photos, sauf avec les dames pipi !
Nous parcourons le site du sud au nord et allons essayer de vous en restituer les principaux monuments qui témoignent de la richesse des lieux et de la splendeur de la cité d'antan.
Tout d'abord la salle du conseil de Parakrama Bahu, ornée de lions à l'entrée et pachydermes en bas reliefs, véritable lieu d'exercice du pouvoir.
Puis le palais aux milles pièces et 7 étages dont il n'en subsiste que 3 : le Vejayanta Pasada.
Nous poursuivons sur le premier temple de Shiva (il y en a au moins 5), qui a été reconstitué pierre par pierre. Dans la pièce sacrée au centre on y fait des offrandes de noix de coco, ce qui attire les singes.
Nous atteignons ensuite une terrasse qui rassemble plusieurs édifices : le quadrilatère sacré. Le Vatadage tout d'abord est un des plus beaux monuments : vaste dagoba circulaire autrefois couvert, il abrite des bouddhas aux quatre coins cardinaux. On y rentre pieds nus et les dalles sont chauffées à blanc par le soleil : ouille, ouille, ouille ! Seul Thomas s'y risque et pendant ce temps là, à l'ombre, les jeunes blanc-becs se font photographier par des moines bouddhistes thaïlandais...
Lui fait face le Atadage, construit par Vijaya Bahu et premier temple à avoir abrité la relique de la dent de Bouddha.
Nous dépassons ensuite le Gal Pota, dalle de granit de 8,20m et 25 tonnes qui auraient été amenée de Mihintale à 90 km. Outre ses frises d'oies (!) elle comporte des textes relatant les exploits de Nissanka Malla.
À côté se dresse un drôle de temple pyramidal dont les experts n'ont pas vraiment compris la signification. C'est le Sat Mahal Prasada, qui semble influencé par les temples khmers d'Angkor.
Quelques centaines de mètres plus loin, le Rankot Vihara nous domine de ses 55 m de haut. Ce dagoba gigantesque est entouré de petites salles de prières où malheureusement les bouddhas sont plutôt abîmés.
À l'arrêt suivant les gars veulent rester dans la voiture pour écouter de la zyk à fond... Bon, alors nous y allons en amoureux pour découvrir le Lankatilaka, un temple en forme d'église avec une longue nef de 50 m que surplombait une voûte à près de 40 m ! Au fond, un bouddha géant de 18 m qui a perdu la tête. Quelques traces subsistent des peintures, mais en mauvais état.
En approchant, nous découvrons un amusant banc dont l'assise est tenue par une liane.
À deux pas, le Kiri Vihara, qui tient peut-être son nom de la vache du même nom car il est d'une blancheur étincelante au soleil. Second plus grand dagoba du site, il est le seul à n'avoir jamais été reconstruit.
Nous roulons encore un peu pour atteindre Kalu Gal Vihara, ou "sanctuaire de roc", leur Abu Simbel local ! Ce rocher, abrité par un toit métallique aujourd'hui, est taillé dans la masse de différents bouddhas, assis, debout, couché du plus bel effet car les sculptures sont très fines et rehaussées par les veines de granit. La grotte centrale, fermée d'accès est beaucoup moins profonde qu'en Égypte.
Nous faisons étape déjeuner au milieu des singes chapardeurs et goutons lait de coco et orange verte (plutôt un goût de pamplemousse) avant de poursuivre pour les 2 dernières étapes.
La première est un joli petit bassin en fleur de lotus à 5 niveaux.
Enfin, nous terminons par Tivanka Image House, un temple abritant lui aussi au fond de sa nef un bouddha géant. En réfection extérieure, il est entièrement sculpté et le côté droit est plutôt en bon état.
Sur la route du retour, nous faisons plusieurs arrêts. Le premier concerne des jeunes au bord d'une rivière qui attirent un gros varan avec du poisson pour faire s'arrêter. Avec nos zoologues en herbe, nous ne pouvons pas y échapper...
Puis le chauffeur nous indique un éléphant sauvage en train de se baigner dans le lac de Minneriya. Wouah ! notre premier "vrai" éléphant !
Nous arrivons alors à Habarana et avec les quelques minutes qu'il nous reste avant notre ballade à dos de pachyderme, nous prenons le temps d'un détour par la gare pour nous renseigner sur les horaires vers Trincomalee pour demain.
Notre véhicule, Mutu, arrive alors, doublé par un bus, et nous prenons place dans son panier (pas très confortable !) pour 45 min de promenade dans les marais. Nous avons la chance de voir quelques beaux oiseaux.