Jour 9, 14 juillet : Elephants crossing !
Après 3 jours formidables à Habarana, il est temps de reprendre notre périple. Cette bourgade a constitué un excellent camp de base pour explorer les sites du triangle culturel. Avec le recul, sans la location de chauffeur entre Kandy et Habarana, nous n'aurions certainement pas pu voir autant de choses, donc l'option était la bonne. Renseignements pris à la gare hier soir avant l'éléphant, le train pour Trincomalee part à 11h. Nous avons donc rendez-vous avec notre chauffeur à 10h30, ce qui laisse le temps d'une dernière baignade rafraichissante. Karine réoptimise les sacs pour qu'on n'en ait que 4 à porter plus la poussette, car il va falloir sauter d'un train à l'autre. En effet la ligne n'est pas directe et nous devons changer à Gal Oya d'après ce qu'on a compris. Sur le quai de la gare nous rencontrons un couple de londoniens et c'est l'occasion de quelques échanges sur nos expériences respectives ici. Grâce à nous ils se rendent d'ailleurs compte qu'il faut aller acheter des billets car ce n'est pas pris directement à bord comme dans le bus. Onze heures pétantes, une fumée pétaradante approche à l'horizon ! Pas de chance, ce n'est pas le nôtre, il doit arriver de l'autre côté... A noter qu'il n'y a qu'une seule voie, donc les croisements ne peuvent se faire que dans les grosses gares, les "junctions". Nous l'attendrons finalement 1 h de plus, quand le garde barrière reçoit un appel sur son portable et se précipite pour baisser les barrières avec ses grosses manettes. Nous embarquons et découvrons des places spacieuses et peu de monde à bord. C'est parti pour un premier tronçon de trajet d'une petite demi-heure jusqu'à Gal Oya où nous ne savons pas vraiment si nous sommes dans le train qui va à Trincomalee ou dans celui qui va à Batticaloa, impossible de décoder le chef de gare d'Habarana... La voie serpente dans la jungle et la savane et la grosse différence avec la SNCF, c'est qu'on aperçoit plutôt ce genre de panneaux :
A Gal Oya, Thomas se fait confirmer qu'il faut bien descendre et changer de quai : hop ! Chacun reprend son sac et le transfert est vite fait. Il n'y a pas le feu car semble-t-il notre train suivant attend en gare un train de Colombo depuis 3 heures... Nous l'apprenons d'un couple de Montpelliérains qui partage notre wagon et est là, donc, depuis 3 heures... Heureusement pour eux, les Constantin arrivent et le train repart 10 min après... :-) Ils sont infirmière et prof de sport, accessoirement surfeur et kitesurfer, plus baroudeurs en sac à dos, donc les sujets de conversation sont faciles à trouver ! Ils sont impressionnés par notre organisation pour voyager avec les 3 mômes. Avec tout ça arrive l'heure de déjeuner et ce seront les toasts du matin, agrémentés de la pastèque délicieuse et rafraichissante achetée la veille. Comme nous nous y attendions, des vendeurs ambulants montent dans les gares et nous pouvons compléter par une douzaine de ramboutans exquis.
Alors que l'ONU a inventé "pétrole contre nourriture", Thomas invente aussitôt "ramboutan contre iPad" et après quelques grimaces nos 2 loustics, qui ont abandonné la recherche des éléphants sauvages par la fenêtre, s'adonnent à leur jeux favoris, tandis qu'Eliott s'est lui même directement endormi sur sa dernière cuillère de Blédichef... Nous avons la bonne surprise d'arriver malgré tout presque à l'heure prévue. A peine sortis de la gare, nous sommes entourés d'une nuée de tuk-tuk, mais pas de bol pour eux puisqu'un chauffeur vient nous chercher sur un simple appel. Il est là 10 min après et nous pourrons dire bizarrement que c'est au Sri Lanka que nous sommes montés pour la première fois dans une hybride, puisqu'il s'agissait d'une Honda Insight. L'hôtel est à 5 km de la gare à peine, le Silver Beach, au bord d'une belle plage de sable blanc bordée de cocotiers et parsemée de quelques bateaux colorés, essentiellement ceux des clubs de plongée. Nous avons encore une bonne partie de l'après-midi pour en profiter et à peine nos sacs posés dans la, enfin, spacieuse et pleine de rangement, chambre, nous voilà tous en maillots de bain pour filer goûter la mer qui se confirme être délicieuse.
Les tuk-tuks de la gare nous ont dit qu'on avait bien fait de réserver notre hôtel car tout est plein en cette saison, mais à voir la plage et les hôtels jouxtant le nôtre, nous nous sentons à nouveau bien seuls...