Samedi 5 mars : séance de rattrapage !
8h30, on nous réclame pendant le petit déjeuner : c’est notre voiture de location qui est arrivée ! Nous l’avons louée pour 2 jours : une Suzuki Swift rouge. Nous avons convenu la veille avec nos amis Brigitte et Hubert que nous partirions dans le sud ensemble. Ils sont allés par là la veille en scooter, aussi ils connaissent à peu près le début du chemin !
Premier objectif : la plantation de thé de Bois Chéri, que nous atteignons après une bonne heure de route (30 min d’autoroute et autant de petite route à travers les villages et dans la montagne). Nous sommes contents car il y a 2 ans, en Malaisie, nous avions visité les plantations des Cameron Highlands, à 2000 m d’altitude, mais un lundi, jour de fermeture des usines de thé. Nous avions du nous contenter du fabuleux paysage. Ici, nous avons droit à un petit musée du thé, avec notamment cette locomotive rachetée à l'éphémère compagnie de train locale (l'unique ligne, accusé d'avoir propagé des maladies sur toute l'île, a été abandonnée) transformée en chaudière pour la fabrication. Et il y en a une autre qui fonctionne réellement en chaudière dans l’usine !
Puis visite de l’usine, avec chaque étape de la fabrication, de l’arrivée de la cueillette du jour (manuelle et mécanique) à l’empaquetage ou l’ensachage. Conditions de travail terribles pour ces ouvriers et ouvrières dont pas un seul ne porte un casque… On y trouve aussi l’antique pointeuse à carte !
Ensuite, nous reprenons la voiture pour quelques centaines de mètres pour gagner le chalet panoramique où se déroule la dégustation de toutes les variétés produites ici. Si en Malaisie, les théiers s’étendaient à perte de vue sur les sommets des montagnes, ici, les parcelles, beaucoup plus restreintes, sont bordées de palmiers bouteilles et de fougères arborescentes : paysage féérique ! Non seulement la route d’accès est magnifique, avec l’arrivée sur le cratère empli d’eau et bordé de théiers, mais en haut, la vue sur la côte est époustouflante.

Après s’en être mis plein les yeux et plein les papilles, nous poussons quelques kilomètres plus loin au lac de Grand Bassin, le fameux lac sacré des hindous. Il abrite un temple, des statues aux couleurs pétantes, et est surplombé par une statue géante de Shiva d’une trentaine de mètres de hauteur (ici à l'arrière-plan).
Il est déjà tard et nous décidons de faire l’impasse sur le déjeuner, car finalement ce n’est pas très utile et nous poursuivons notre route dans la montagne vers notre prochaine étape : la vallée des terres de couleur de Chamouny. Au détour d’un lacet, nous découvrons ce panorama sur la côte sud :
Nous finissons par atteindre la vallée. Ce n’est que le lendemain, en écrivant cet article, qu’on s’est rendu compte qu’on n’était pas là où on croyait être ! Il y a deux sites présentant les terres de couleur et nous visions celui de Chamarel. Mais force est de constater, vu comme nous avons galéré à trouver les directions et le peu de panneaux qu’il y a, que nous étions en réalité à l’autre : la Vallée des couleurs… On ne sait pas ce que vaut l’autre, mais celui-ci était formidable ! Cependant en arrivant là-bas, il a bien fallu nous rendre compte qu’avec Eliott nous ne pourrions pas faire la balade à pied car le parcours fait au moins 2 km avec une centaine de mètres de dénivelé… Pas question de prendre l’option quad non plus, donc nous optons pour « 4x4 » et nous montons tous les 5 avec un guide fort sympathique qui nous fait la tournée commentée. Nous longeons tout d’abord le potager, très diversifié, où nous goûtons de petits fruits rouges appelés « jambaks », sorte de tous petits poivrons sucrés. Il y a là quelques arbres indigènes dont un ébène de 1800 ans et un « arbre à clou », appelé ainsi tant son bois est dur et pouvait remplacer les clous, estimé à 1400 ans. Puis nous allons vers les 3 cascades du site, petite pour la première, majestueuse pour la seconde, qui tombe d’une trentaine de mètres, et délicieuse pour la dernière où l’on peut se baigner, ce que s’empresse de faire Thomas.
Les terres, de 23 couleurs différentes, ont été découvertes par le propriétaire du terrain qui terrassait pour planter de la canne à sucre. Il a fait modeler son excavation en forme d'île Maurice et aménagé le parc pour différentes activités : il y a notamment une tyrolienne de 650 mètres.
En quittant la vallée, nous mettons le cap sur la côte sud, ourlée de longues plages de sable blanc et bordée de bois de filaos. Nous longeons de Rivière des Galets à Souillac en passant par Pomponnette. A Souillac, nous décidons de partir à la recherche des Rochester Falls, une cascade perdue au fin fond d’un champ de canne à sucre. C’est quasiment un 4x4 qu’il nous faudrait ! Mais nous finissons par atteindre le « parking » pour finir à pied les 200 ou 300 m restant, dans la terre rouge plantée également de bananiers. Nous tombons alors sur cette magnifique chute d'une dizaine de mètres de haut, tombant d'une sorte d'orgue de basalte : magnifique !
Pas le temps de s'y baigner malheureusement car la route serpente sur un terrain privé qui ferme à 18h. Alors nous repartons en direction de la côte pour aller observer la Roche qui pleure, au pied des falaises de basalte de Souillac, à Gris-Gris. C'est un rocher sur lequel les vagues explosent et l'eau goutte comme des larmes. Difficile à rendre en photo...
Nous voici un peu en Bretagne, avec ces falaises noires de basalte (lave subitement refroidie par l’eau) balayées par le vent et l’écume abondante liée aux rouleaux qui éclatent sur la barrière de corail ou sur les rochers. Un grand bol d’air frais !
Déjà le soleil tombe derrière l’horizon et la nuit noire nous enveloppe sur le chemin du retour. Nous parvenons toutefois à retrouver notre chemin et récupérer l’autoroute qui remonte vers Port-Louis, sur laquelle nous croisons quelques types en vélos, voir à pied… Mais nous rentrons sains et sauf, même si Thomas a failli rater le dernier virage à 90 degrés non indiqué et nous envoyer dans la canne à sucre !
Quelle journée extraordinaire !