Aaaaaïyaïya!!!!! Aaaaïyaïya !! (Taman Negara 4 juillet)
Difficile d'écire le cri de Tarzan quand on y réfléchit bien... Certes, c'était plutôt en Afrique d'après la littérature, mais il y a tellement de lianes là où on va aujourd'hui qu'il serait à son aise...
Seul Thomas file prendre un petite douche froide à 7h15 puis tout le monde part au petit déjeuner inclus avec la nuit. Karine va à l'agence, dans la pièce voisine, pour réserver nos billets vers le Taman Negara, le parc national qui englobe la plus vieille forêt du monde (130 millions d’années) : navette, bateau, entrée du parc, permis photo, bus… Nous croisons un couple de parisiens originaires de la Sarthe qui part aussi pour le parc mais n’a pas encore de logement pour les deux prochaines nuits : ils devraient trouver directement sur place. Nous, nous ferons l’aller-retour dans la journée puisque nous couchons à nouveau à Jerantut ce soir.
Le bus nous emmène à 8h30 vers la jetée sur la rivière Tembelling, à une quinzaine de kilomètres. Tout commence par un speech rigolo du chauffeur, en anglais avec accent malais. Il nous explique surtout qu'une fois dans le bateau, ce sera "open air toilets : you can see me, I can see you !", et que donc mieux vaut prendre ses précautions avant...
C’est d’ici que partent les pirogues vers le Taman Negara. Cet embarcadère est aménagé à la jonction de 2 bras et est bien aménagé pour accueillir les touristes ou les aventuriers en nombre. Pour les aventuriers, il n’y a qu’à descendre les marches, pour les touristes, il y a un amusant chariot à bagages mu par un treuil qui permet de descendre sur le quai et sans effort les valises Ralph Lauren à roulettes…

Les pirogues en sont vraiment ! Une vingtaine de mètres de long, faible tirant d’eau et rasantes au dessus de la surface, animées invariablement par un Yamaha Enduro 40 cv. Un toit abrite cependant les passagers du soleil, qui s’assoient 2 par 2 sur de rudimentaires matelas mousse et s’adossent à un gilet de sauvetage taille unique (plutôt XL !). Nous en croisons tout au long du chemin qui redescendent vers Jerantut.
Nous tirons les 2 premières rangées, juste derrière les bagages et seront donc bien placés pour apercevoir le paysage et recevoir les éclaboussures de la proue…
Nous allons remonter le courant sur près de 60 km, sur l’eau marron, cernés le plus souvent par 2 murs de végétation souvent très impressionnants : les arbres de cette jungle peuvent faire jusqu'à 84m de hauteur, comme les séquoias géants de Californie. Ce n'est pas exactement comme la remontée du Nil ! Par contre la chaleur est aussi étouffante, l'humidité en plus... Il n'y a que très peu de villages sur les rives, par contre, comme sur le Nil, on y aperçoit pas mal de pêcheurs.

Durant les 3 h de trajets, nous aurons la chance de voir un redoutable serpent d’eau de près de 3m de long, avec la tête plus grosse qu’un poing, ainsi qu’un gros varan sur une plage de sable.

Nous apercevons également un ou deux campement d’Orang Asli, la tribu aborigène qui vit dans la jungle, par groupes familiaux d’une trentaine de personne, dans des abris en bois et en feuillage qu’ils abandonnent dès qu’ils bougent car ils sont nomades.

Les pirogues arrivent le long des restaurants flottants du village de Kuala Tahan qui fait face à l’entrée du Taman Negara. Nous choisissons un restaurant fleuri pour nous restaurer rapidement avant de partir en expédition. Il faut alors héler un « taxi » pour traverser la rivière Tembelling depuis les restaurants jusqu’à la jetée de l’entrée du Parc.


Notre première destination sera le Canopy Walkway, situé à 1,5 km et qui ferme à 15h30. Quittant le restaurant à 14h, ce n’est pas une sinécure ! Il faut savoir que dans la jungle on fait 1km en 30 min, même sur les chemins aménagés, alors avec les enfants, nous sommes plutôt au double ! Surtout lorsqu’on s’arrête regarder un peu les panneaux explicatifs illustrés, que Thomas prend des photos, qu’on croise un gros varan, des singes dans les arbres ou encore des fourmis de 3 cm de long !… (doigt de Théo pour l'échelle)

Enfin, nous parvenons à l’entrée du plus long pont suspendu du monde (530 m), qui monte jusqu’à environ 45 m au dessus du sol, dans la canopée.


La forêt, déjà extraordinaire, prend une autre dimension vue d’ici !
Nous serons les tous derniers clients de la journée puisque le gardien l’emprunte derrière nous et ferme la boutique !

C’était l’attraction principale du parc accessible à de jeunes enfants. Il nous reste encore 3 h devant nous avant de reprendre le bus au village à 19h, heure à laquelle tombe la nuit (mieux vaut être sorti de la forêt vers 18h30...). Nous nous engageons alors sur la piste de Burik Teresek, qui mène à un point de vue à 344m de haut. Déjà les premières dizaines de mètres à la sortie se révèlent très difficiles avec des ascensions très raides entre les racines, trop dure pour les petites jambes d’Oscar… Toutefois nous parvenons à un embranchement d’où part la piste suivante que nous avions prévue, pour boucler notre trek en passant par une baignade dans la rivière. Nous décidons que Karine et les gars attendent Thomas ici, le temps qu'il monte seul au panorama de Burik Teresek avant de continuer ensemble. Il part au petit trot à l’attaque de la pente, appareil photo autour du cou, sac au dos, pour parcourir les 800 m qui le séparent du but. 30 min plus tard, après avoir quasiment tout fait en courant, il apparaît à nouveau. Cela valait le déplacement, même si la montée était très éprouvante. La vue sur l’intérieur de la jungle était très belle.

Nous serpentons à nouveau tous les quatre, tantôt Oscar sur les épaules de Papa, tantôt suspendus à des lianes (il reste toujours des forces pour ça !).

Nous découvrons quelques fruits ou rares fleurs, des termitières, des lianes incroyables et les abords du sentier parfois ravagés par des sangliers (nos parisiens ont croisé une harde de 7 ou 8 !) ou des tapirs.


Nous franchissons 2 gués sur de petits ruisseaux, mais surtout nous écoutons les bruits extraordinaires de la jungle, notamment un criquet qui fait littéralement un bruit de scie circulaire et un oiseau qui semble souffler dans une bouteille de verre ! Le pire c’est que ces 2 animaux sont sans doute beaucoup plus petits qu'on ne l'imagine.

Enfin nous atteignons, après 2h de marche, la baignade tant attendue par les enfants : Thomas emmène Théo et Oscar faire trempette dans l’eau rougeâtre. Un vrai rafraîchissement alors que chacun, surtout le plus gros, dégouline de litres de sueur !

Il ne reste alors plus que 800m, plutôt faciles, pour rejoindre l’entrée du parc. Nous sommes pile dans le timing, ce qui nous permet d’observer les singes qui s’approche des lodges à l’heure du dîner…

Nous retraversons, refaisons le plein d’eau fraiche qui commençait à nous manquer, et gagnons le pick-up point. Nous sommes les seuls à rentrer à l’hôtel, donc nous bénéficions d’un confortable petit Toyota 9 places pour nous tous seuls, dans lequel les petits explorateurs ne tardent pas à s’endormir !
Avril Lavigne à fond dans le lecteur CD couvre même le bruit du tonnerre qui ne tarde pas à gronder, accompagné d’éclairs impressionnants. Dernière péripétie avec la rencontre impromptue d'un troupeau de buffles aquatiques errant sur la route...
Nous retournons au petit restaurant indien, délicieux et très sympathique et plongeons sous les draps pour récupérer de cette bonne journée où tout le monde a été bien courageux !